Un Accord Historique pour la Santé Publique Simon Williams, maître de conférences en psychologie et chercheur en santé publique à l'Université de Swansea au Roy
Un Accord Historique pour la Santé Publique
Simon Williams, maître de conférences en psychologie et chercheur en santé publique à l'Université de Swansea au Royaume-Uni, souligne l'importance de l'Accord Pandémique récemment adopté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet accord représente une avancée majeure pour la santé publique mondiale. Si un tel accord avait été en place avant 2020, la pandémie de COVID-19 aurait pris une tournure très différente. Désormais, le monde sera bien mieux préparé pour atténuer ou même prévenir la prochaine pandémie.
Les Engagements de l'Accord
En résumé, 124 pays se sont engagés à prévenir, se préparer et répondre aux futures pandémies. Les pays qui ratifient formellement l'accord devront respecter plusieurs engagements, notamment investir dans les infrastructures de santé, partager la propriété intellectuelle et s'engager dans le transfert de technologies.
Le Système de Partage des Pathogènes et des Avantages
L'un des plus grands avantages de cet accord est le Système de Partage des Pathogènes et des Avantages. Cela obligera les États membres de l'ONU à partager des informations et des données sur les virus pandémiques potentiels, y compris le séquençage de nouveaux virus ou variants, ainsi que les vaccins, les traitements et les technologies de diagnostic pertinents. Les fabricants de vaccins dans les pays participants devront fournir 20 % des vaccins pandémiques en temps réel à l'OMS pour une distribution mondiale, y compris aux pays les plus pauvres et ceux qui en ont le plus besoin. Parmi ces vaccins, 10 % seront donnés gratuitement par les pays membres.
Le Rôle des États-Unis et les Critiques
L'absence notable des États-Unis, qui ont historiquement joué un rôle clé dans la santé mondiale, est un point de discussion. Bien que 11 pays se soient abstenus de voter, l'omission des États-Unis en raison de leur décision de se retirer de l'OMS est significative. La pandémie de COVID-19 nous a appris que la santé des personnes à l'autre bout du monde est inextricablement liée à la nôtre. L'isolationnisme ne fonctionne pas face aux maladies infectieuses.
La Coopération Mondiale et les Critiques
L'accord prouve que le multilatéralisme et le désir de coopération mondiale restent des objectifs partagés par la plupart des pays. Certains critiques, dont le secrétaire américain à la Santé Robert F. Kennedy Jr, ont affirmé que cet accord pourrait menacer la souveraineté nationale ou la liberté en compromettant la capacité des pays à prendre des décisions politiques en matière de santé pandémique. Cependant, l'accord précise qu'il "ne porte pas atteinte au droit souverain" des pays de le considérer conformément à leurs propres constitutions nationales.
Les Avantages des Accords Mondiaux
Les accords ou traités mondiaux de cette nature sont rares, mais lorsqu'ils voient le jour, ils ne sont pas de simples documents symboliques. Bien que l'Accord Pandémique soit moins formel et contraignant, plusieurs traités mondiaux de l'ONU ont déjà sauvé des millions de vies. La Convention-cadre pour la lutte antitabac, le premier traité de l'OMS, a réduit la consommation de tabac d'un tiers au cours des 20 dernières années et a sauvé des vies grâce à des politiques telles que l'interdiction de fumer à l'intérieur.
Un Investissement Rentable à Long Terme
Bien que les accords mondiaux nécessitent un investissement financier et politique, ils peuvent également être rentables à long terme. La Convention de Minamata, un traité de l'ONU conçu pour réduire les effets du mercure sur la santé et l'environnement, devrait permettre d'économiser 339 milliards de dollars d'ici 2050 rien qu'aux États-Unis.