Une startup australienne a réussi à cultiver des neurones humains en laboratoire et à les connecter à des puces électroniques. Résultat : une machine vivante capable d’apprendre — et même de jouer à Doom.
Fondée à Melbourne en 2019, Cortical Labs vient de lancer le CL1, le premier bioordinateur commercialisé au monde. L’appareil contient environ 200 000 neurones humains vivants, maintenus grâce à un système de filtration et de régulation thermique, et accessibles à distance via une interface Python.
Ces neurones proviennent de cellules souches générées à partir d’un simple don de sang — une source éthique, renouvelable et sans procédure invasive.
Pourquoi utiliser la biologie là où le silicium atteint ses limites ?
Les GPU et CPU dominent l’informatique depuis plus de 70 ans, mais ils montrent aujourd’hui certaines limites : une consommation énergétique massive, des difficultés à traiter des données imprécises et un besoin colossal de données pour l’entraînement des systèmes.
Le cerveau biologique, lui, a évolué précisément pour contourner ces obstacles.
« La biologie n’a pas ces limitations. Il ne s’agit pas de remplacer les GPU, mais d’ajouter un nouvel outil à la boîte à outils de l’intelligence. »
De Pong à Doom : des cellules capables d’apprendre
En 2022, ces neurones avaient appris à jouer à Pong. En 2026, un jeune diplômé nommé Sean Cole a participé au hackathon de Cortical Labs et a réussi à apprendre à ces cellules à jouer à Doom en moins d’une semaine.
Le lien entre biologie et jeu vidéo repose sur l’électricité. Des impulsions électriques codées stimulent les cellules, tandis que leur activité électrique est décodée en actions à l’écran, créant ainsi une boucle d’apprentissage fermée.
« Tout le monde peut devenir scientifique — il suffit d’avoir les bons outils. »
Des applications bien au-delà du jeu vidéo
La plateforme Cortical Cloud est ouverte à tous : chercheurs, développeurs et étudiants.
Les applications potentielles incluent la découverte de médicaments, la modélisation de maladies neurologiques, la robotique ou encore le traitement de données complexes et bruitées — des domaines où la biologie se montre souvent plus performante que le silicium.
Une technologie développée sous surveillance éthique
Ces neurones ne ressentent ni émotions ni conscience ; ils fonctionnent comme des biomatériaux intelligents réagissant à des stimuli électriques.
Depuis 2021, l’entreprise collabore toutefois avec des éthiciens indépendants et des comités spécialisés afin de garantir un développement responsable de cette technologie.
« Étrange ne veut pas dire contraire à l’éthique. Les antibiotiques et la FIV étaient eux aussi considérés comme étranges à leurs débuts. »
Source : Kalstein Media
Image d’illustration : le dispositif CL1 de Cortical Labs
