Introduction au cancer de la tête et du cou
Le cancer de la tête et du cou (CTC) est une maladie maligne répandue dont l’incidence mondiale est en augmentation. Bien que les facteurs de risque traditionnels tels que l’usage du tabac et les infections virales soient bien établis, la dysbiose du microbiote oral et intestinal a récemment émergé comme un contributeur crucial à la pathogenèse du CTC. L’axe oral-intestinal sert de conduit critique pour la communication microbienne bidirectionnelle, facilitée par la translocation bactérienne, l’échange métabolique et la modulation immunitaire, favorisant collectivement un microenvironnement pro-tumorigène.
Rôle des pathogènes oraux et intestinaux
Des pathogènes oraux clés, tels que Fusobacterium nucleatum et Porphyromonas gingivalis, exacerbent l’inflammation chronique, favorisent l’évasion immunitaire et activent des voies de signalisation oncogéniques telles que Wnt/β-catenin, MAPK/ERK et PD-1/PD-L1. Parallèlement, la dysbiose intestinale influence la progression du CTC en modifiant la production de métabolites microbiens, y compris les acides gras à chaîne courte, les acides biliaires et les dérivés du tryptophane, qui régulent systématiquement l’inflammation et l’immunité anti-tumorale.
Impact sur les traitements du cancer
Des preuves croissantes impliquent également le microbiote dans la modulation des réponses à la radiothérapie, à la chimiothérapie et à l’immunothérapie. Les stratégies thérapeutiques ciblant l’axe oral-intestinal, y compris les probiotiques et les peptides antimicrobiens, sont prometteuses pour atténuer les lésions muqueuses induites par le traitement et améliorer les résultats thérapeutiques. Néanmoins, des défis significatifs persistent, notamment l’élucidation des interactions microbiennes au niveau du réseau, la validation de biomarqueurs robustes et l’avancement de ces découvertes dans la pratique clinique.
Le microbiote oral et son influence systémique
Le microbiome humain, en particulier les communautés résidant dans la cavité buccale et l’intestin, constitue un écosystème complexe qui exerce une influence systémique sur la physiologie de l’hôte et la maladie. La cavité buccale, qui abrite la deuxième population microbienne la plus diversifiée du corps, est cruciale pour maintenir l’homéostasie locale et systémique. La dysbiose dans cette communauté est impliquée dans des conditions allant des caries dentaires aux maladies systémiques, y compris le cancer.
Le microbiote intestinal et le cancer
De même, le microbiote intestinal, le plus grand assemblage de micro-organismes dans le corps, est essentiel au métabolisme, à l’immunité et à la fonction barrière. Sa perturbation est associée à un risque accru de diverses malignités, avec des études épidémiologiques attribuant jusqu’à 20 % des cancers à des facteurs microbiens qui favorisent l’instabilité génomique et la signalisation cellulaire aberrante.
Concept de l’axe oral-intestinal
Cela a conduit à la conceptualisation de l’« axe oral-intestinal », un réseau de communication bidirectionnel facilité par la continuité anatomique. Dans des conditions physiologiques, des fonctions barrières robustes maintiennent des niches microbiennes distinctes. Cependant, en cas de dysfonctionnement de la barrière, la translocation microbienne, l’échange métabolique et le dialogue immunitaire créent une boucle de rétroaction pro-carcinogène.
Perspectives futures et collaborations multidisciplinaires
Les collaborations multidisciplinaires futures sont essentielles pour tirer pleinement parti de l’axe microbiote oral-intestinal pour l’oncologie de précision dans le CTC. En résumé, le réseau d’interaction du microbiote oral et intestinal a ouvert une nouvelle frontière dans la recherche sur le cancer de la tête et du cou. Bien que des défis mécanistiques et translationnels subsistent, l’axe oral-intestinal détient une grande promesse en tant que cible révolutionnaire pour le diagnostic et le traitement précis du CTC, offrant un nouvel espoir pour améliorer les résultats des patients.
🔗 **Fuente:** https://www.frontiersin.org/journals/oncology/articles/10.3389/fonc.2026.1740060/full